Aux hommes !
Le tain s'est arrêté
Les portes se sont ouvertes
Et nous sommes enfin descendus
Mais on nous a séparé
Je l'ai vu s'éloigner
Il s'est retourné et m'a crié
<<Je t'aime>>
Il a levé le bras et m'a dit
<<n'ai pas peur,je vais là...>>
Il a reçu un coup de crosse dans les reins
Et n'a pas eu le temps de voir mes larmes
Je ne pouvais détourner les yeux
Le troupeau humain se déroulait lentement
vers cette chambre
chacun essayait de retenir dans ses poumons
Un peu d'air de cette terre
Ils marchaient, s'épiaient
Certains se serraient la main, les yeux humides
La grande porte s'ouvrit
Celle de la chambre morte
Ils se retournaient une dernière fois
leurs lèvres soupiraient des noms
Qui n'étaient que murmures
Lorsque la fumée se faufila au-dessus du toit
Elle prit la forme d'un bras, les doigts
en signe de victoire
Parce qu'ils étaient morts mais libres
Libres de juger ces hommes
libres de penser
Libre de vivre ...à jamais.

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