Touche pas à mon dimanche : rappel du message de La Salette!
Il s'agit de l'intervention de Mgr André VINGT-TROIS, Archevêque de Paris, président de la Conférence des évêques de France, prononcé lors de l'ouverture de l'Assemblée de Lourdes, le 4 Novembre 2008.
Ce discours est extrait du Numéro 252 de la revue Croire aujourd'hui, parue en Janvier 2009, consacrée en partie "Au travail, la dictature de l'immédiat". Elle est disponible au Centre de documentation de la paroisse Ste Anne des Calades, 65 rue Rolland, Villefranche sur Saône .
En illustration de cette intervention , on trouve un poème de Jacques Prévert , extrait de "choses et autres", publié chez Folio Gallimard :
"Ne rêvez pas
pointez
grattez vaquez marnez bossez trimez
Ne rêvez pas
l'électronique rêvera pour vous
(...)
Pointez
grattez vaquez marnez bossez trimez
Ne vous reposez pas
Le travail repose sur vous."
Cela ne vous rappelle-t-il pas le slogan qui a fait "fuhrer" lors de la dernière campagne présidentielle : "Travaillez plus pour gagner plus!"? A vous de juger !
Que dit l'Archevêque de Paris ? :
"...les projets de dérogations nombreuses et légales au repos dominical s'inscrivent dans la perspective des mutations de notre société vers une norme du rendement maximum, sans mesurer assez les coûts humains des changements envisagés. Nous n'oublions pas que déjà, un nombre important de nos concitoyens sont astreints au travail dominical, notamment dans certains services publics. Mais, précisément, il s'agit d'une astreinte en faveur du service de tous. Etendre cette astreinte par une possibilité laissée au "libre choix" se réfère à un autre mobile : développer le rendement d'un certain nombre de secteurs d'activité économique et miser sur l'appât du gain pour convaincre. Gagner plus doit-il devenir le principal objectif de l'existence? Que les chrétiens se soient pas favorables à une extension du travail le dimanche ne surprendra personne. Pour eux, le jour du Seigneur n'est pas un jour comme les autres. C'est le jour de la Résurrection qu'ils célèbrent dans la joie et la fraternité. Cette obligation du repos dominical suppose de renoncer à d'autres activités, fussent-elles très rémunératrices. Le dimanche est aussi le jour d'une vie familiale plus intense et plus riche. Comment peut-on souhaiter que le tissu familial soit plus riche et plus structurant pour la vie sociale, si chacun des membres de la famille est retenu ailleurs par son travail? Est-il normal que pour gagner honnêtement sa vie, on soit invité à renoncer à la qualité de la vie? Si des dispositions législatives généralisent le champ du travail dominical, les dommages humains et sociaux qui en découleraient seraient sans commune mesure avec le profit économique qui peut en résulter. Ce serait une mesure supplémentaire dans la destruction de notre vie collective qui ne toucherait pas seulement les chrétiens."
Bref commentaire :
- Comment se fait-il que ces propos, pleins de bon sens, aient été peu repercutés à ma connaissance, par les médias en particulier d'inspiration chrétienne ?
- On peut regretter que seul le syndicat CFTC, d'inspiration chrétienne, ait fait de ce sujet son cheval de bataille, avec pour slogan "ne touche pas à mon dimanche !"
- Qui a entendu parler de l'hostilité des Associations de consommateurs concernant la banalisation de la consommation le dimanche ?
-Malgré une opposition de l'opinion, ce projet de loi sur l'extension du travail le dimanche, a été voté en catimini par la majorité au début de ce mois de juillet 2009.
Aussi, je suggère que les "consommacteurs" que nous sommes tous en puissance , s'organisent pour appeler au boycott de toutes ces grandes surfaces qui se sont précipitées dans la brêches et qui imposent à leur personnel de travailler tous les dimanches matin souvent jusqu'à 13 heures et même plus.
Internaute proche ou lointain , je serais ravi de connaître ton avis pour envisager d'entreprendre un combat d'arrière garde qui peut avoir des conséquences à court terme localement, et à plus long terme pour les échéances électorales.
A bon entendeur, salut!
Préparant un pélerinage à La Salette , j'ai relu le message adressée par Marie à deux enfants, Maximin et Mélanie en 1846 et authentifié par l'évêque de Grenoble en 1851 :
<< ...Je vous ai donné six jours pour travailler, je me suis réservé le septième et on ne veut pas me l'accorder. C'est ça qui apesantit tant le bras de mon Fils...
L'été , il ne va que quelques femmes un peu âgées à la Messe. Les autres travaillent le dimanche tout l'été, et l'hiver, quand ils ne savent que faire, ils ne vont à la Messe que pour se moquer de la religion...>>
Ce language simple qui s'adresse à des enfants illétrés en fera sourire beaucoup, mais je suis persuadé qu'il mérite d'être entendu à notre époque où le travail, lorsqu'il existe, peut conduire au suicide !
TRAVAILLEZ PLUS? POUR QUI ? POURQUOI ?

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