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Oser parler de la souffrance

Il s'agit des notes tirées de la lecture d'un petit livre intitulé"Peut-on parler de la souffrance" de Jean Pierre MANIGNE, dominicain et journaliste , paru en 1991, chez Desclée et Brouwer

Première constatation : "Les mots manquent à la souffrance parce qu'en son fond ultime, aux frontières de l'agonie (), la souffrance est solitude absolue, alors que le langage fait vivre l'échange et s'en nourrit...ce dont nous souffrons c'est d'un manque. Toute souffrance est manque.Et la souffrance absolue se présente comme une pénurie sans remède...Un silence qui est aussi un appel...

Le mystère de la soufrance peut être approché comme un reflet sombre et invesé du mystère de Dieu. Comme Dieu, la souffrance est indicible; comme Dieu, son silence en appelle pourtant à notre parole et à notre témoignage..."

Faisans allusion à la détresse de Job dans la Bible , l'auteur constate " qu'il est presque impossible au malheureux de ne pas se sentir coupable...En fait la souffrance brise le sens, égare et transforme durablement celui qu'elle frappe en <<égaré>>..."

Mais l'auteur insite : "...ce lien du malheur et de la culpabilité, qui ne tient qu'à la ressemblance de leurs effets suscités par l'angoisse, n'est pas juste .Il faut le briser...."

Autre constat : Le premier moment de la souffrance serait un temps de <<sidération>> : mémoire devient trop douloureuse pour continuer à servir...Il faut que s'apaise"La souffrance, surtout si elle est vive et imprévue, interrompt cet échange relativement paisible que tout homme vivant et conscient entretient avec son passé () et la prévison de l'avenir. Le premier effet d'une grande souffrance est d'interdire la mémoire...au sens où il faut que le souvenir de la séparation s'apaise pour qu'à nouveau, peu à peu (et pas toujours!), la mémoire passée redevienne disponible.."

L'auteur constate que dans la Bible, qui fait partie de notre tradition , "la souffrance, la mort, sont montrées, décrites , même lorsque rien ,apparemment, ne permet de les justifier, même lorsqu'elles surgissent comme une question sans réponse, comme un cri...Selon une premiere strate,  la souffrance sera lue comme un châtiment. Qu'il s'agisse de la maladie, des épreuves de l'exil, des grands cataclysmes naturels, la cause en est cherchée chaque fois dans le péché personnel ou collectif..."

La souffrance-châtiment met l'accent soit sur" la culpabilité et la considération de la justice divine, soit en appelle à la miséricorde (), soit enfin exhorte à la pénitence ceux qui subissent l'épreuve...Une strate plus récente exalte la souffrance de témoignage, celle des martyrs, vitimes des persécutions sous le pouvoir des successeurs d'Alexandre. Ici la souffrance, loin d'être un signe de la colère de Dieu ou de son abandon, devient un titre de gloire...Enfin, dans les chants du <<serviteur souffrant>>du second Isaïe, apparaît un thème destiné à un développement important dans la spritualité chrétienne : le thème de la souffrance substitutive..."

Reste "la plainte de Job" qui "s'élève justement du fond de l'abîme ouvert entre ce qui est enseigné - la récompense terrestre de l'homme de bien; et ce qui lui arrive comme à nous tous : maladies, deuils et pénuries. Le scandale est tel qu'aux yeux de certains la réponse de l'homme ne peut qu'être le blasphème. <<Maudis Dieu et meurs>>(2,9), recommande brutalement la femme de Job...."

Quant à la réponse de Dieu : "Il dit () que la souffrance est un mystère noyé dans le mystère de Dieu. Face au soupçon d'indifférence ou d'impuissance qui monte de la terre suppliciée, le Dieu de Job rappelle qu''Il n'a pas dit son dernier mot..."

L'auteur aboutit à un constat : "...Nous somes conduit, à travers l'épreuve, à une sorte de théologie négative. Nous ne savons pas ce qu'est Dieu, mais nous pouvons préssentir ce qu'Il n'et pas. Et Jésus, le rédempteur, confirme ce pressentiment. Dieu, son Dieu, n'est pas le Dieu des morts. Il n'est pas un Dieu qui se réjouit de la mort.Il n'est pas,( l'avions nous oublié) un Dieu qui aime la souffrance, fût-elle celle de son Fils..."

D'où l'objet de la suite du livre : "Il y a ce que Jésus fait de la souffrance et ce qu'on fait de la souffrance de Jésus.".

De l'attitude de Jésus à l'égard de la souffrance, l'auteur constate : " C'est la vie triomphante qui éclaire d' un sens apaisé l'expérience  de la souffrance et l'approche même de la mort. Deux images utilisées par Jésus  illustrent cette attitude. Deux images qui se rattachent à la grande symbolique séminale du Royaume : levain, graine etc..."C'est ainsi que "la taille du cep est () une image très réaliste de la souffrance : elle la figure comme un appauvrissement...On voit combien ce symbolisme est réaliste. Jésus ne nie pas, comme le font tant de moralisateurs moralisant, l'aspect mutilant des grandes épreuves. Il ne dit pas que ce mal est un bien, Il le décrit comme un amoindrissement... Le recours à cette image de la vigne de la part de Jésus a () une visée à la fois pédagogique et consolatrice. Pédagogique, car elle est censée préparer le disciple à reconnaître dans l'épreuve une purification qu'il lui faut vivre dans l'obéissance et la fidélité. Consolatrice dans la mesure où elle dirige le regard de celui qui souffre vers les fécondités à venir..."

Quant à l'image du grain qui meurt, elle montre que "la mort produit non seulement un aliment mais d'autres grains. De ce qui disparaît naît une fécondité, à son tour vouée à mourrir pour se multiplier...Jésus insére tous ceux qui accepteront de donner leur vie pour le Royaume dans la chaîne ininterrompue des vivants...S'il y a une chance, fût-elle fragile, que la grande souffrance, que le malheur échappe à l'absurde, ce n'est pas d'abord en amont, à la source, que nous devons chercher la réponse () mais en avant, en aval, dans la réalisation d'une promesse de salut...un salut qui est parfaite réintégration du souffrant, corps et âme, dans la paix, dans la consolation et la guérison parfaites, dans cette gloire dont parle le livre de l'Apocalyypse où toute larme sera séchée...

Nouvelle constatation : "Quelques rares notations évangéliques nous laissent entrevoir l'accablement de Jésus, moins d'ailleurs devant la peine des corps que devant la désorientation des esprits, l'errance de cette foule sans berger. Mais cette détresse ne va pas jusqu'à la désespérance... L'image du grain qui meurt pour porter du fruit, c'est d'abord à Lui qu'elle s'applique, avant d'être présentée comme un exemple et un encouragement à celui qui veut se mettre à sa suite...

"La souffrance de Jésus, telle qu'Il en témoigne lui-même, paraît toujours, ou presque toujours, inséparable de la conscience et de l'échéance de sa destinée...Délivrance, guérison, consolation, résurrection, glorification du Père par le Fils et du Fils par le Père, presque tout le discours évangélique sur la souffrance témoigne ainsi d'une espérance qui engage à regarder au-delà de l'épreuve présente ou imminente..."

D'où cette remarque optimiste : "Que les douleurs annoncées avant le retour glorieux et joyeux du Christ soient , pour les disciples comme pour le maître lui-même, celle d'un enfantement, interdit de les considérer à la façon d'un simple obstacle ou d'un contre-temps tragique...On peut dire que <<Jésus est celui qui sauve du désespoir et qui exhorte à l'épreuve>>...

D'où cette mise en garde :" Il y a () plus qu'une exhortation à la patience face aux souffrances inéluctables.On entend bien un appel à choisir ces persécutions que le monde réserve aux disciples..."

L'auteur propose une explication : "Il reste que la persécution, la souffrance acceptée comme chemin de vie, l'épreuve comprise comme purification, émondage des rameaux stériles, douleurs de l'attente du Christ semblables à celles de l'accouchement, ont toutes en commun de tirer leur sens, leur consolation, leur joie même, d'un évènement qui les dépasse."

L'auteur envisage maintenant ce que l'on fait de la souffrance de Jésus !

EN ATTENDANT LA SUITE, JE VOUS SOUHAITE A TOUS, INTERNAUTES INCONNUS MAIS PROCHES TOUT DE MEME, DE JOYEUSES PAQUES , C'EST A DIRE UN PASSAGE DANGEREUX MAIS HEUREUX VERS L'AUTRE RIVE...

Ce matin de Pâques, demandons nous avec l'auteur, le sens que nous pouvons accorder à la souffrance de Jésus.C'est la réalité du salut! "Il accorde le salut, tantôt en mode de guérison, tantôt sous les couleurs d'une espérance qui déborde le cadre étroit de ces vies accablées et de toutes façons vouées à la mort..."

L'auteur souligne un paradoxe apparent : "Si Jésus offre le salut à ceux qui souffrent, Il conduit aussi à la souffrance ceux qu'Il sauve!"

<<Il nous faut passer par beaucoup de tribulations pour entrer dans le royaume de Dieu >> (Actes 7,22), "proclame Paul dés le début de sa prédication...C'est bien cet aspect du message qui continue de faire difficulté pour nous, aujourd'hui...l'enseignement de Jésus concernant la souffrance nous laisse en difficulté...de notre point de vue son attitude est déconcertante! Si le Fils de l'homme ne nous semble pas donner de réponse simple et satisfaisante à nos questions sur la soufrance, c'est sans doute qu'Il n'est pas venu d'abord pour y répondre...<<le Fils de l'homme est venu sauver ce qui était perdu>> (Matthieu 18,11)..."Pour se réjouir du salut...il faudrait d'abord se persuader que l'on est perdu...Celui qui perçoit la gravité de sa maladie ne s'étonne plus qu'un médecin lui propse une thérapie douloureuse, il ne met pas en cause le fait que, pour le soulager de ses souffrances, on commence parfois par les aggraver.Et c'est bien ce qui arive, plus ou moins, à celui qui confie son destin à Jésus de Nazareth...Jean nous dit que <<celui qui fait la vérité vient à la lumière>>(Jean 3,21)...qui prétendra que ce travail de vérité est indolore? En tous domaines, passer de l'illusion à la réalité, de l'erreur à l'exactitude, exige un labeur et n'opère jamais sans une sorte de déchirement..."

L'auteur risque une justification de la souffrance : " et si () le rôle mystérieux de la peine était de creuser en nous une profondeur que nous n'osions même pas préssentir? Si la souffrance devait nous révéler.Nous approcher de la <<vraie vie>>, restée jusqu'à présent <<absente>>, si nous avions quelque chose à en apprendre...Avec une audace étonnante l'auteur de l'épitre aux Hébreux nous dit de Jésus que <<tout fils qu'il était, Il apprit de ce qu'Il souffrit l'obéissance>>(Hébreux 5,8)...<<Il fallait que le Christ souffrit >>(Luc 24,26). Mais pourquoi le <<fallait-il>>?La Résurrection Le sauve de la souffrance et de la mort; mais de quoi ou de qui , nous sauvent sa souffrance et sa mort...Pourquoi, si nous sommes sauvés, ce salut devrait-être payé d'un si grand prix? Parler du <<prix du salut>>, c'est déjà s'engager sur une pente périlleuse, celle d'un céleste marchandage...Paul le premier nous met sur cette voie en utilisant l'image de la dette...Plus tard, sous l'influence de saint Augustin puis de Saint Anselme, ce thème de la <<dette>>va être systématisé.Thème inséparable de celui du péché et plus spécialement du <<péché originel>>repris des textes pauliniens mais fortement radicalisé...

Ce Dieu censé aimer la souffrance ...derrière le titre du beau livre du P. François VARONE (1), on trouve la lecture non pas seulement d'une déviation marginale dans l'histoire chrétienne mais une tradition théologique bien établie, celle de la <<substitution>>.Le Christ innocent souffre pour les hommes coupables; son sacrifice, tel celui d'un agneau sans taches, accomplit les exigences de la justice.Cest le thème de la <<victime émissaire>> auquel René GIRARD (2) donnera tant d'ampleur..."

(1) François VARONE, Ce Dieu censé aimer la souffrance, Paris, Le Cerf, 1984

(2) René GIRARD, Des choses cachées depuis le début du monde,Paris, Grasset, 1983.

Ces deux ouvrages sont disponibles gratuitement au Centre de documentation de la Paroisse Sainte Anne des Calades, 55 rue Rolland, à Villefranche sur Saône.

..."Il faut que l'innocent paye pour les coupables, c'est à dire à leur place.Cela pour apaiser la colère des dieux, mais parfois aussi celle de la tribu voisine qui s'estime lésée. Notre rationalité moderne s'insurge contre ce marché et à très juste titre...ce <<Dieu censé aimer la souffrance>> que nous trouvons si étrange, ne serait pas () un dieu à notre image?...Maurice BELLET a raison de parler de Dieu pervers (3)...Il est à noter que cette déviation n'a pas de fondement évangélique...Jamais Jésus n' envisage, ni que sa souffrance soit un châtiment, ni que ce qu'Il va subir nous dispense de souffrit à notre tour...Faut-il envisager la mort du Christ comme une aventure (une <<mésaventure>>solitaire? Certes non! Il souffre , Il meurt <<pour nous>>. Mais non <<à notre place>>.Il passe le premier, Il ouvre la route, cette <<porte étroite>>que chacun est appelé à franchir...Il passe le premier et c'est la Pâque, notre Pâque. Et le premier Il fait briller à nos yeux, sur l'autre rive, la lumière de la Résurrection...

(3) Maurice BELLET, Le dieu pervers,Paris,le Cerf, 1987.Ce livre est lui aussi disponible au centre de documentation de la paroisse notre Dame en calade de Villefranche sur Saône!

..Le Fils,  tout fils qu'Il était, apprit de ce qu'Il souffrit, l'obéissance>> (Hébreux 5,8).Rude apprentissage! Comment le comprendre?...Jésus apprend la profondeur de l'obéissance. Il explore ce lieu, cet enracinement de l'homme dans le milieu divin. Il l'explore pour nous.Cet apprentissage ne va pas ns souffrance..En Christ, Adam est dévoilé- et il est dévoilé par la souffrance, par l'épreuve. Tous les coups que reçoit le Christ sont , en ce sens, des révélations, depuis la toute première menace d'Hérode. Révélation du despotisme des puissants, de l'hypocrisie des notables, de la trahison des amis, et finalement de la lâcheté de presque tous.De notre lâcheté...

<<Père, pardonne -leur car ils ne savent pas ce qu'ils font!>>Cette parole qui dira qu'elle aurait le même poids si elle ne montait pas du fond dun abîme creusé par la torture. <<Il fallait que le Christ souffrit>>...

Bien sûr que Dieu, le Père, ne peut aimer la souffrance! Mais le Père, dans l'obéissance déchirée du Fils se rejouit de trouver enfin une humanité totalement <<filiale>>. >>Obéissante>>, dirons-nous, non dans le sens d'une soumision extérieure, mais selon la signification que dégage l'étymologie.<<Obéir>>c'est littéralement <<se mettre à l'écoute>>.Le Père, depuis l'origine, parlait à l'humanité et voici qu'enfin, pour la première fois, cette parole est pleinement entendue, trouve enfin un écho passionnément désiré...

<<Le sacrifice à Dieu c'est un esprit brisé; d'un coeur brisé, broyé, Dieu tu n'as point de mépris>> (Psaume 51)

Comment mieux dire que le <<sacrifice>> attendu de l'homme , ne passe pas par d'autres chemins que celui de la liberté et de l'amour...Le Père attend le retour de cet esprit dont Il anime l'univers tout entier et le coeur de l'homme plus que tout l'univers.Un retour qui a lieu une fois pour toutes lorsque sur la croix le Christ <<remet son esprit>>(Jean 19,30). Désormais <<le ciel est ouvert >> (Jean 1,51) Quiconque souffre et meurt dans la fidélité au don parfait du Fils passe par cette brêche...jamais () cet acte d'amour ne pourra jaillir dans sa pureté ailleurs que du creuset de la souffrance...Ce Dieu <<censé aimer la souffrance>>ne l'aime pas, mais Il aime le <<souffrant>>, le Premier souffrant et, avec Lui, par Lui et en Lui, toute la lignée , toute cette immense foule des souffrants , des coeurs <<broyés>> que désormais <<nul ne peut arracher de sa main>> (Jean 10,28)...

Proche de la conclusion, l'auteur fait allusion au titre "de son plus beau livre", à savoir <<L'oeuvre au noir>>de Marguerite YOURCENA.

Il précise : "<<L'oeuvre au noir>>, c'est ce temps d'épreuve, secret et terriblement périlleux, que nous traversons nécessairement  lorsqu'il faut aller <<d'ici à là>>. de la servitude à la liberté, du mensonge à la vérité, de l'ignorance à la connaisance, de la dispersion à l'unité...Certes la souffrance ne garantit pas ce pasage,où plutôt elle ne dit rien de sa direction...Tout se passe en définitive, comme si la bonne nouvelle que Jésus proclame et dont Il fait son <<grande oeuvre>> ne portait justement que sur le sens, la direction, de la souffrance..."

L'auteur répond à une interrogation : "le pouvoir d'intimidation de la souffrance est paradoxalement ce qui appelle à la solidarité...Laissera-t-on à la souffrance le dernier mot, ou plutôt le dernier silence? Ce serait se résigner au désespoir...D'où ce double défi : la souffrance est un silence en attente d'une parole, elle est une soliude en attente du communion.Elle ne peut se donner ni l'une ni l'autre, mais elle appelle l'une et l 'autre...On peut comprendre que ces deux attentes n'en font qu'une. Restaurer la parole là où désespérément elle <<fait défaut>>, maintenir ou ramener dans la commnication des vivants ceux qu'isolent le deuil ou la maladie, c'est agir en frère...

..."La souffrance est preuve de vérité. En choisissant de donner un Samaritain en exemple, ce qui pour ses auditeurs est vraiment une provocation, Jésus exprime bien cela. Classiquement le prochain c'est l'homme de mon clan, de mon village, de mon ethnie...L'épreuve de la souffrance redistribue les rôles...je dois me faire proche. Et ,si c'est moi qui souffre, c'est à cette occasion que je reconnaîtrai celui qui est capable, envers et contre tout, de proximité..."

D'où cette réflexion : "...Paralysé, <<médusé>>, par la douleur, on n'imagine pas d'emblée que celle-ci ait la fonction , finalement précieuse, d'éprouver..Epreuve() en cela  qu'elle  fait, souvent cruellement le tri parmi nos connaissances entre ceux qui à cette occasion s'effraient et s'éloignent et ceux qui choisissent de se faire proche...L'épreuve dont il est question .opère dans les profondeurs nocturnes de l'âme et de l'amitié...à son issue nous ni nos amis ne sommes les mêmes. L'oeuvre au noir élabore, douloureusement, secrètement, l'homme nouveau...

L'auteur insiste :"...Jésus est par excellence celui qui n'abandonne pas le monde des pauvres, des affamés, des suppliciés de toutes sortes, à la fascination sans recours de la souffrance. Celui qui les arrache au regard pétrifiant de l'antique méduse. Il les proclame même <<bienheureux>> tant Il est assuré de sa force libératrice..."

En conclusion, l'auteur fait preuve de modestie : "

On parlera toujours mal de la souffrance aux souffrants. Soit parce que, souffrant avec eux, on partage leur désaroi et leur maladresse, soit parce que, moins accablés, on leur semble en parler, comme l'on dit si bien, <<à notre aise>>...

L'auteur finit par demander pardon : "...Si j'ai parfois donné l'impression d'aborder un peu trop facilement une réalité écrasante, qu'on se rassure (dit-il) : un jour cette réalité me rattrapera"...

Il cite Raïsa MARITAIN qui "avait coutme de dire que les raisons de faire miséricorde à tous tenaient à ce qu'il fallait voire en tout homme <<un supplicié>>.C'est vrai tôt ou tard. Job doit pardonner à Dieu puisqu' Il souffre. Il doit pardonner même à ses amis, ces piètres consolateurs, puisqu'ils souffriront."

Internaute, mon prochain, je t'invite à lire la poésie intitulée "Pardonner sans cesse" et à te rendre, si le coeur t'y invite, sur le site intitutulé Résurrection : http://sirius6.monsite.fr



Article ajouté le 2009-04-09 , consulté 68 fois

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