Dix mesures pour en finir avec le capitalisme prédateur!
Il s'agit du résumé d'un article écrit par Yvan DU ROY publié dans l'hebdomadaire TEMOIGNAGE CHRETIEN N°3316, paru le 2 Octobre 2008.
En guise d'introduction : "Paradis fiscaux, fonds spéculatifs LBO, salaires des PDG, licenciements boursiers...Il est temps de passer des paroles aux actes" Suivez mon regard!
NB. La crise financière en BD ; "Le BA-BA de la crise des subprimes" est visible sur le site rue89.com. Elle illustre l'engrenage infernal et le cynisme des spéculateurs.
Prenons au mot le Président SARKOSZ , lui qui annonçait à Toulon, le 25 Septembe 2008 :"Si l'on veut reconstruire un système financier viable, la moralisation du capitalisme financier demeure la priorité...".
Voici 10 propositions pour que les beaux discours se traduisent, pour une fois, en décisions politiques.
COMMENCONS PAR ASSECHER LES PARADIS FISCAUX ET CONTROLER LES FLUX FINANCIERS!
Il existe une soixantaine de paradis fiscaux dans le monde : des iles et archipels exotiques mais aussi des Etats comme le Royaume-Uni et ses dépendances dont Gibraltar, Jersey..., l' Etat de Delaware aux Etats-Unis...
"Une fiscalité quasi inexistante, une facilité d'y créer une filiale, doublée du secret bancaire, ont fait des paradis fiscaux un repère pour le blanchiment d'argent sale, les fraudeurs du fisc, le détournement d'argent public et...les fonds spéculatifs.
Près de 1200 milliards de dollars issus de ces fonds y auraient transité en 2007. Toutes les grandes banques y sont im plantées.
La transparence passerait aussi par le contrôle des sociétés privées organisant le flux financiers telle la société de télécommunication financière SWIFT, basée en Belgique, ou la chambre de compensation internationale CLEANSTREAM, basée au Luxembourg, dont les activités occultes ont été décrites par le journaliste Denis ROBERT;
MESURE N°1 : "que les grandes entreprises et banques françaises s'engagent d'ici fin 2008 à fermer leurs comptes, filiales et <<holdings>> situés dans l'un des 64 places <<off shore>>recensées par le FMI. Que les banques françaises s'engagent à refuser tout dépôt et/ou toute ligne de crédit d'une institution financière implantée dans un paradis fiscal.
MESURE N°2 : Placement des sociétés internationales de compensation et de réglement-livraison de fonds et de titres (CLEARSTREAM,SWIFT...) sous la surveillance permanente d'une commission de contrôle mandatée par les institutions internationales (ONU,FMI, Banque mondiale...), et dotée de capacité d'intervention (interdictions et/ou saisies des fonds tranférés) en cas de suspicion (évasion fisvcale, blanchiment...).
DANS UN DEUXIEME TEMPS, ENCADRONS LES FONDS SPECULATIFS ET FREINONS LES LICENCIEMENTS BOURSIERS!
"vouloir opposer l'effort du travailleur à l'argent facile de la spéculation, opposer l'engagement de l'entrepreneur qui risque tout dans son entreprise à l'anonymat des marchés financiers..." dixit le Président SARKOZY à Toulon. CHICHE!
Que le gouvernement encadre très vite la pratique des LBO (<<Leveraged buy-out>>), ces fonds spéculatifs qui s'appuient sur un montage financier alambiqué. Ils rachètent une entreprise en empruntant 90% de la somme nécessaire. Le but est de dégager des bénéfices le plus vite possible avant de revendre pour rembourser la créance et empocher une confortable plus-value. Résultat : les LBO licencient, sous-investissent, liquident des actifs...Jusqu'à ce que l'entreprise soit à nouveau rachetée par un autre LBO. L'Association française des investisseurs en capital l'affiche clairement : avec une performance de 21,3% en 2007, les fonds LBO sont les plus rentablers au détriment de l'emploi et de l'activité économique réelle. Ils rendent nombre de PME exsangues. En dix ans, les montants brassés par les LBO en Franceont été multipliés par dix, atteignant 3,8 milliards d'euros en 2007!
MESURE N°3 : Encadrer les montages financiers de type LBO en interdisant que la dette d'acquisition soit supportée par l'entreprise rachetée et en instaurant un plafond sur le niveau d'endettement que peut atteindre l'acheteur pour acquérir une entreprise.
MESURE N°4 : Surtaxer les licenciements collectifs mis en oeuvre par les entreprises bénéficiaires dont le chiffre d'affaire est stable ou en croissance.
CE N' EST PAS TOUT : FAVORISONS L'ECONOMIE SOCIALE ET LA FINANCE ETHIQUE !
Encore une fois l'appel est lancé de Toulon par notre Président :
"Ne pas donner tous les bénéfices aux dirigeants et aux actionnaires, en destiner une part plus grande à ceux qui par leur travail créent la richesse, redonner du pouvoir d'achat aux travailleurs sans alourdir les charges fixes de l'entreprise..." Voilà ce que souhaitait le Président Sarkozy le 25 Septembre 2008!
"Il propose une loi sur la participation et l'interessement. L'Etat peut aller bien plus loin en favorisant les sociétés coopératives, où l'interessement des salariés aux bénéfices est inscrit dans les statuts!
Dans la finance, des placements éthiques existent. Ils répondent à des principes moraux (pas d'investissements dans l'armement par exemple), à des critères de développement (favoriser l'insertion des PME en Afrique...), à des impératifs écologiques (en faveur des énergies renouvelables).
MESURE N°5 : diminuer les impôts sur les bénéfices des entreprises à statut coopératif (SCOOP, SCIC...).
Exonérer d'impôt les dividendes et autres revenus issus de placements éthiques labelisés.
ALLONS ENCORE PLUS LOIN !
Protègeons les services publics conformément à la mise en garde émise par le Président dans son discours de Toulon :
"(L'Europe) doit engager une réflexion collective sur sa doctrine de la concurrence qui n'est, à mes yeux, qu'un moyen et non une fin en soi".
Question : pourquoi, au nom de cette concurrence érigée en dogme, vouloir privatiser la Poste qui () assure un service public sur tout le territoire?
Des <<biens publics mondiaux>> (comme l'eau,l'énergie, la santé, l'éducation...) doivent être définis, et les secteurs qui en relèvent ne pas être livrés à la logique destructrice du profit à court terme.
MESURE N°6 : Geler toute privatisation et vente de participation de l'Etat dans des entreprises à vocation de service public.
Redéfinir, au niveau de l'Union européenne les secteurs clé d'intérêt général qui ne pourront être livrés à la spéculation financière.
ET POURQUOI PAS ENCADRER LES TRES HAUTS REVENUS ET TAXER LES SUPER-RICHES pour répondre aux voeux de notre Président dans son rôle d'accusateur : "Il y a eu trop d'abus, trop de scandales !" ?
Il devait viser les parachutes dorés et les augmentations de salaire à sept chiffres que s'accordent les PDG des grandes entreprises...Les professionnels de la finance, <<traders>>et <<golden boys>> touchent aussi de faramineux émoluments.
D'après le rapport sur les fortunes mondiales réalisé annuellement par Merrill Lynch et Capgemini, 103.320 personnes recensées posséderaient un patrimoine financier supérieur à 30 millions de dollars!
MESURE N°7 :
- intégrer les criitères extra-financiers dans l'évaluation de la performance des dirigeants : sociaux (nombre d'emplois crés), environnementaux (quantité de CO2 économisé) ou capacité d'innovation (nombre et qualité de brevets déposés).
- Interdiction des parachutes dorés et autres primes exceptionnelles.
- Déconnecter les rémunérations de,la performance à court terme.
MESURE N°8 : Taxer de 1% ("Ils ne vont même pas s'en apercevoir!") les grandes fortunes mondiales pour financer des politiques de développement dont la lutte contre le faim et les maladies endémiques.
Enfin "Il va falloir s'attaquer au problème de la complexité des produits d'épargne et, de l'opacité des transactions " a renchéri notre Président.
Passons aux actes! les activités bancaires sont encadrées par les accords de Bâle II (2004) qui définissent des "ratios de solvabilité" : la part de fonds propres nécessaire pour accorder un crédit est fixée à 8%. Or, une partie des acteurs finaciers- fonds spéculatifs, assurances, <<holdings>>financières- échappent à cette réglementation et n'assument donc pas les risques pris, supportés au final par les banques. D'où :
MESURE N°9 : Réintégrer dans les Accords de Bâle II, l'ensemble des acteurs de la sphère finacière.
Le Chef de l'Etat veut contrôler les agences de notation. Celles-ci sont censées évaluer le risque d'un produit financier, tout en étnt payées par la banque, l'assureur ou le fonds spéculatif qui le propose. D'où cette dernière proposition :
MESURE N° 10 : Créer des agences de notation publique, au niveau national et européen, dont les évaluations répondent aussi à des critères productifs (produits innovants) environnementaux (développement durable) et sociaux (priorité à l'emploi)!
Question subsidiaire : à part les milliards injectés pour "sauver" les banques, quelles mesures concrètes ont été prises en France, dans l'Union européenne et au G20 pour s'attaquer aux causes structurelles d'une crise qu'on a laissé venir tant que la spéculation allait bon train ?
Question d'actualité :A quoi sert de "travailler plus" à coût d'heures supplémentaires pour ceux qui ont la chance d'avoir un emploi, même le dimanche, avec possiblité de pousser jusqu'à 70 ans pour les plus performants alors que les dés sont pipés d'avance. On a besoin d'un "New Deal", c'est à dire d'une redistribution des richesses pour que la règle du jeu soit acceptable par le plus grand nombre, en particulier les laissés pour compte. .
Où sont les propositions d'une Gauche offensive et crédible?
Que cherchent ceux qui votent en catimini des amendements qui vont tous dans le sens de la régression sociale?
Toute suggestion sera la bienvenue pour alimenter un débat qui ne fait que commencer et qu'il est impératif de poursuivre!

Commentaires
greniock site : www.caudpec.com | le 30/11/2008 à 08:34:26On se demande pourquoi Jospin and Co n'ont pas pris toutes les décisions préconisées????